Fantasy, Jeunesse, Lectures, Mnémos

Les Soeurs Carmines

d’Ariel Holtz | ed. Mnémos | T.3/3 | Fantasy | 230, 297 & 272 pages

Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses sœurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.
Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…

Par mes chaussettes, ça fait plaisir de lire des romans estampillés YA qui ne prennent pas leurs lecteurs pour des débiles. Ariel Holtz est une très belle découverte et je suis ra-vie pour le jeune public (et les autres) qu’un tel auteur existe. Non, je n’exagère pas, je suis peut-être juste, un petit peu, (très) enthousiaste 😅. C’est que sa plume est une vraie oasis après des semaines de traversée du désert (et ça n’a rien avoir avec mon actuelle lecture de Dune).
On sent les influences de Gaiman, Pratchett et Burton dans l’écriture et l’univers macabre des Soeurs Carmines. Ça pourrait être casse-gueule et même rédhibitoire pour certains, mais ces influences restent simplement ça, des influences.
J’ai dévoré les trois romans d’affilée, en à peine quelques jours. C’est très bien écrit, les intrigues sont bien ficelées (même si elles paraîtront bien légères aux plus aguerris d’entre nous), le rythme est très bon, les personnages aussi. Pour moi, c’est un sans-faute. Même les histoires d’amour m’ont plu ! C’est vous dire. D’ailleurs, pour celles-ceux qui sont allergiques à ça, sachez que cet aspect-là n’est pas envahissant, ni niais, ni une finalité en soit pour nos héroïnes. On pourrait se questionner sur leur nécessité du coup, mais pour une fois qu’elles sont bien écrites, je ne vais pas pinailler.

La grande majorité des intrigues se déroulent dans Grisaille, une ville gothique digne des Noces Funèbres ou du Noël de Mr Jack. Emmitouflé dans une brume épaisse, allergique au soleil, on y tue comme on respire, avec pragmatisme, flegme et humour. Personne ne viendra vous sauver alors cesser de hurler. Cette bulle de macabre et d’humour noir est le terrain de jeu d’une Reine sans Roi et des Huits, une assemblée de grandes familles dont le passe-temps favori est de s’entre-tuer et comploter, dans un sens comme dans l’autre et souvent en même temps. Nos trois soeurs sont les filles illégitimes de certaines de ces familles avec la fameuse courtisane, lady Carmine. Pas complètement en haut de l’échelle alimentaire de Grisaille (ni tout à fait en bas), nos trois héroïnes vont devoir développer chacune des talents bien particuliers pour s’en sortir.

Chaque roman aura son propre jeu d’intrigues et prendra le point de vue d’une des trois soeurs tout en se suivant chronologiquement. Dans le 1er, on suit Merryvère, la monte-en l’air la plus malchanceuse de tout Grisaille, handicapée d’un sens moral bien inapproprié. Dans le 2nd, Tristabelle, l’aînée sans coeur, ambitieuse, élégante à la pointe de la mode, à la langue de vipère et aux objectifs bien établis. Et enfin, le dernier tome est consacré à l’adorable et terrifiante médium de la famille, la benjamine Dolorine et ses premiers pas à l’école. Une fois encore, l’auteur fait preuve de talent car chaque voix est très différente, très reconnaissable. Le rythme du récit s’adapte, les enjeux aussi et il est très possible qu’un tome vous plaira d’avantages que l’autre. Outre la légèreté des intrigues qui ne m’a pas gêné (surtout grâce à la qualité de l’ensemble), la seule chose que je pourrai reprocher à cette trilogie, c’est de nous laisser plusieurs questions sans réponses. L’auteur a « oublié » de fermer quelques portes, ce qui, pour moi, appelle furieusement à une suite (?).

En bref, vous l’aurez compris, je me suis délectée de cette lecture totalement de saison (Tristabelle approuverait). C’est drôle, léger et sombre. À consommer sans modération !


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