Adulte, Fantasy, Jeunesse, Lectures, Oneshots, Young Adult

La Cité des Livres qui Rêvent

de Walter Moers | ed. Gallimard Jeunesse | 650 pages | Roman Jeunesse

4è de couv

 » Ici commence l’histoire. Elle raconte comment je suis entré en possession du Livre sanglant, comment j’ai atteint l’Orm. Cette histoire n’est pas destinée aux lecteurs au cuir tendre et aux nerfs fragiles – à qui je recommande d’emblée de reposer cet ouvrage. (…) Oui, je parle d’un pays où la lecture peut rendre fou. Où les livres risquent de blesser, d’empoisonner, et même de tuer. Seul celui qui est prêt à accepter le risque de me lire, à mettre sa vie en jeu pour avoir sa part de mon histoire, doit me suivre jusqu’au prochain paragraphe. (…). Mais ne perdons pas plus de temps et entamons notre périple. Car il s’agit bien d’un voyage qui nous mènera à Bouquinbourg, la Cité des livres qui rêvent. ».
Le récit fantastique, onirique et horrifique d’Hildegunst Taillemythes, jeune dragon et poète qui bravera tous les dangers des catacombes de Bouquinbourg, hantées par le Roi des ombres, pour retrouver l’auteur du manuscrit « parfait ».


Mon avis

Walter Moers est un auteur et dessinateur allemand de BD satiriques et de romans jeunesse, entre autre. Il a connu un grand succès avec Les 13 vies et demi du capitaine Ours Bleu qui introduit le monde farfelu de Zamonie où se déroule notre histoire ainsi que plusieurs autres textes de l’auteur.

Carte provenant de  » Les 13 vies et demi du capitaine Ours Bleu« 

Zamonie est un continent complètement frappé du bocal, habité de créatures animales, humanoïdes et d’autres difficilement identifiables. Vous pouvez explorer toute sa folie et ses splendeurs dans les aventures du capitaine Ours Bleu. Ici, nous nous contenteront d’une ville et c’est déjà bien assez pour notre sanité d’esprit.

Hildegunst Taillemythes est un jeune dragon d’à peine 77 ans, un brin suffisant et pantouflard, coulant des jours tranquilles à la Citadelle des Dragons. Comme tous les sauriens de son espèce, c’est un grand érudit en matière de littérature ainsi qu’un aspirant écrivain. Sur son lit de mort, son parrain et mentor lui confit une mission : retrouver l’auteur d’un texte qui lui a été envoyé il y a très longtemps et qui a bouleversé sa vie par sa perfection. Son auteur a disparu alors qu’il se rendait à Bouquinbourg, la ville qui fait et défait les écrivains. Notre héros se lance alors sur ses traces et nous embarque avec lui dans la découverte de cette ville (véritable paradis et enfer des amoureux du livre), ses intrigues et ses catacombes mystérieuses, hantées par l’énigmatique Roi des Ombres.

Ils étaient là, les « livres qui rêvent ». C’est ainsi que l’on appelait dans cette ville les stocks de livres d’occasion parce que, d’un point de vue commerçant, ils n’étaient plus vraiment vivants et pas encore morts.

J’ai adoré ma lecture. Je suis totalement fan de l’imagination sombre, loufoque et mordante de Moers. On sent la satire à toutes les pages et c’est drôle d’absurdité. Ce livre est à la fois une ode au monde du livre, mais également une immense critique de celui-ci. Tous les maillons de la chaîne y passent et c’est assez jouissif à lire.

Les notes de bas de page sont comme les livres posés sur le rayon du bas. Personne ne les regarde, car il faut se pencher.

Mais c’est aussi et avant tout une aventure avec un grand A 🙌. Hildegunst Taillemythes est loin d’être un héros, mais tient plutôt du hobbit embarqué dans une quête qui le transformera à jamais.
Bouquinbourg a été un vrai plaisir à découvrir (d’ailleurs, je pars en repérage la semaine prochaine pour m’y installer), mais c’est surtout l’exploration des catacombes qui va être passionnant. Les catacombes qui s’enfoncent sous la ville sont un véritable labyrinthe mortel fait de bibliothèques, de livres dangereux et rarissimes, éclairé par des méduses volantes, peuplé de chasseurs de livres, de monstres des temps anciens et bien sûr, du plus mortel d’entre eux, le Roi des Ombres. Dans les jeux vidéo, les passages que j’aime le moins, ceux sont les donjons. C’est souvent sombre, dans un espace clos avec des pièces piégées à l’infini. Disons-le, c’est chiant. Il n’y a qu’un seul jeu qui se déroule entièrement sous terre et que j’ai dû rejouer une bonne dizaine de fois tellement il est excellent, c’est Hollow Knight. Il y a une atmosphère dans ce jeu absolument unique que j’ai retrouvé dans ces catacombes. 👌

Il y avait en Zamonie autant de « livres dangereux » que de raisons de souhaiter du mal à quelqu’un.

Bien sûr, ce livre, contrairement à ce fameux manuscrit, n’est pas parfait 😅. Son plus gros défaut, qui sera aussi sa plus grande richesse, c’est qu’il est très dense. Moers a recréé toute une littérature et un vocabulaire propre à son monde et il nous bombarde de références et d’histoires dans l’histoire, tout le temps. Heureusement, le rythme reste assez bon car il arrive toujours quelque chose à notre pauvre dragon. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Tolkien et sa manie de nous pondre 10 chapitres sur la culture du tabac hobbit avant même de commencer l’aventure (toi-même tu sais que j’exagère à peine 👀). Donc une fois le 1er tiers avalé d’un coup, j’ai vraiment pris mon temps pour savourer la suite et éviter le trop plein. Et j’ai bien fait car toutes ces infos « gratuites » font tout le sel de cette histoire.

En conclusion, Walter Moers nous offre une très belle aventure taillée pour les amoureux des livres, au coeur d’un univers totalement loufoque, sombre et cynique. Malgré un trop plein d’informations, il a su, je trouve, transmettre son amour des mots et de la littérature à travers le plus inadéquat et attachant des héros. 🐲😄

La lumière au bout du tunnel n’est généralement qu’une méduse phosphorescente à l’agonie.

9 réflexions au sujet de “La Cité des Livres qui Rêvent”

  1. Comment ça, il y a des gens qui ne lisent pas les notes de bas de page ? 😱
    J’étais bien tenté, pour d’évidentes raisons, avant que tu ne mentionnes la densité tolkiennienne. Ça se réfléchit. ^^’

    Aimé par 1 personne

    1. Alors, petite précision, la carte vient des « 13 vies et demi du capitaine Ours Bleu » (je vais le mentionner, car, en effet, ça peut être confus ^^’).
      Mais oui, moi non plus, je ne comprends pas… et sans ma librairie qui l’a mis en avant, je serai restée dans l’ignorance totale pendant encore longtemps 😱😂.

      Aimé par 1 personne

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