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Derniers jours d’un monde oublié

de Chris Vuklisevic | ed. Folio SF | Fantasy | 339 pages

4è de couv

Plus de trois siècles après la Grande Nuit, Sheltel, l’île du centre du monde, se croit seule rescapée de la catastrophe. Mais un jour, la Main, sorcière chargée de donner la vie et de la reprendre, aperçoit un navire à l’horizon. Il est commandé par une pirate impitoyable, bien surprise de trouver une île au milieu du Désert Mouillé.

Si la Main voit en ces étrangers une menace pour ses secrets, Arthur Pozar, commerçant sans scrupules, considère les intrus comme des clients potentiels, susceptibles d’augmenter encore, si possible, son immense fortune.

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Qu’elle les mène à la gloire ou à la ruine, la sorcière, la pirate et le vieux marchand en seront les instigateurs, bien malgré eux.


Mon avis

Gagnante du concours organisé par Folio SF pour leurs 20 ans, Chris Vuklisevic publie ici son tout premier roman et c’est, à mon avis, une franche réussite.

Après la Grande Nuit où le monde ancien a basculé, les habitants de Sheltel, une petite île située au centre du Désert Mouillé, se croient depuis des siècles seuls au monde. Jusqu’au jour où un bateau pirate pointe son nez à l’horizon, porteur d’une nouvelle ère pour les habitants et dirigeants de cette société repliée sur elle-même. Durant treize jours, on va être témoin de cette collision avec l’inconnu et ce qui va en émerger.

On est là dans de la Fantasy post-apo grimdark. D’ailleurs à ce propos, je ne m’attendais pas à autant de violence ordinaire et il y a certaines scènes qui m’ont vraiment prise par surprise. Donc je préfère prévenir les plus sensibles d’entre vous. Malgré ça, j’ai trouvé la description de cette société sous cloche brillante et sans concession. La palette des réactions face à l’arrivée du monde extérieur est d’une justesse, c’est effrayant. L’être humain y est pitoyable, détestable et en même temps, tellement… humain.

La narration va suivre des personnages clef, entrecoupée d’extraits de différents documents qui vont dévoiler, petit à petit, le passé de l’île et son fonctionnement malsain et absurde (il y a une certaine dose d’humour noir et de dérision qui sont appréciables). Au niveau des personnages, on a La Main, sorcière omnipotente qui décide du droit de vie et de mort et veille à la « pureté » génétique des habitants de l’île. Polzac, le marchand le plus important de l’île et conseiller de la Bénie, qui voie en ces nouveaux venus une occasion en or de s’enrichir et d’affirmer son pouvoir. Et enfin, Erika, fille adoptive de la Capitaine des pirates, qui ne souhaite qu’une chose échapper à son sort.

La plume de l’autrice est fluide, simple et efficace. Elle nous entraîne sans accrocs ni temps morts à travers la chute de ce monde obsolète entre la peur de l’autre, la cupidité et la bêtise crasse. On est témoin des diverses machinations politiques et de la répression sur laquelle est entièrement basée cette société.
à noter aussi, la magie, présente et durement réguler (comme tout sur Sheltel) et l’univers sur lequel est posé l’île. Il est assez peu dévoilé, mais ça ne m’a pas gêné. Après tout, on est en autarcie. Et le peu qui est révélé m’a beaucoup plu.

En conclusion, malgré l’aspect très sombre et cruel auquel je ne m’attendais pas, j’ai beaucoup aimé cette plongée dans les derniers jours de Sheltel. Chris Vuklisevic a su avec brio nous décrire cette société repliée sur elle-même, ses codes, ses croyances et comment tout cela va voler en éclats. Je ne regrette absolument pas le voyage et je suivrai de très près cette autrice.


D’autres avis :

8 réflexions au sujet de “Derniers jours d’un monde oublié”

  1. « de la Fantasy post-apo grimdark » : ça aussi c’est un peu de la violence ordinaire (version chronique de livre), c’est effrayant à lire quand on ne s’y attend pas. 😱
    Mais bon, ça va, je reste quand même bien tenté par ce livre. ^^

    J'aime

    1. Si tu te le sens pas, ne force pas 😊. Il y a des scènes qui sont du niveau de la Cinquième Saison donc, on se comprend ^^. Mais là où NK Jemisin a une plume super froide je trouve, Chris Vuklisevic a réussi à m’accrocher avec ses personnages.

      J'aime

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