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Le Cycle de Terremer

d’Ursula LE GUIN | illustré par Charles Vess | ed. Le Livre de Poche | Intégrale | Fantasy | 1734 pages

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d’Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Cette édition intégrale et illustrée de Terremer réunit les romans qui ont fait le succès de ce cycle mythique et emblématique de l’œuvre d’Ursula K. Le Guin, ainsi que deux nouvelles inédites en France et une introduction de l’auteur écrite spécialement pour cette édition.

Cette intégrale comprend :

  • Le Sorcier de Terremer
  • Les Tombeaux d’Atuan
  • L’Ultime Rivage
  • Tehanu
  • Contes de Terremer
  • Le Vent d’ailleurs
  • Description de Terremer
  • Le Mot de Déliement
  • La Règle des Noms
  • La Fille d’Odren
  • Au coin du feu
  • Terremer revisitée

Je n’avais encore jamais lu Ursula Le Guin, autrice célèbre et reconnue à plus d’un titre, pour son talent à créer des univers et des histoires en Fantasy comme en SF.

Dès les premières lignes, j’ai été émerveillée et emportée dans Terremer, ce chapelet d’îles imaginaires fleurant bon la bonne vieille fantasy à la Tolkien mais sans tous les défauts de ce dernier (et ouais, ça balance). Je suis désolée (non) mais je trouve que Tolkien noie son lecteur comme une portée de chatons dans des descriptions et des informations (inutiles au récit) sur des chapitres entiers. Il s’est cassé le bonbon à créer un monde de A à Z et on sent bien qu’il veut nous en faire profiter même si, là, on n’en peut plus, on ne sait plus où on est, ni avec qui, ni pourquoi. Le Guin, c’est tout l’inverse et c’est là que ça peut être frustrant.

Je titille un brin pépé Tolkien mais il a transmis une toile complète et minutieuse de son monde jusqu’au moindre petit brin d’herbe. Le Guin, elle, nous partage sa palette de couleurs, les grandes lignes fondatrices et c’est tout. Débrouille-toi pour combler les vides. Tout ce qui ne concerne pas directement son récit est laissé vierge. Et que c’est frustrant ! Oui, ça laisse une folle liberté et cela ajoute grandement au plaisir de lecture, car, par tous les vents, la dame sait écrire ! C’est beau, plein de poésie (sans s’écouter écrire non plus) mais ça m’a laissé un immmmmenssse goût de pas assez.

Pareil au niveau des personnages. Le point de vue externe devrait nous éloigner d’eux et de ce qui leur arrive… mais non ! Elle est arrivée à m’attacher à tous les personnages même ceux de 3è plan. Le temps que je réalise qu’en fait je ne les reverrai plus, je me sentais toute abandonnée. J’aurai tellement voulu en savoir plus sur eux ! Et maintenant qu’elle n’est plus là, je ne peux même pas la harceler pour savoir… À moins de jeter un certain sortilège et la ramener de derrière le mur… (ne faites pas ça chez vous 👀)

Je n’aborderai pas tous les tomes, déjà par flemme, mais surtout par peur de divulgacher. Je ne peux que vous conseiller de partir à la découverte du 1er et de vous laisser porter :).
Le cycle commence par le roman initiatique de Ged, un gamin avec de grandes facilités en magie qui va vite être envoyé à l’île de Roke et sa grande école de magie. Là, il se confrontera à lui-même, se liera d’amitié et embrassera sa destiné. C’est hyper classique racontez comme ça et, en effet, ce 1er tome est classique, mais l’écriture de Le Guin donne un tout nouveau souffle au récit et l’envie de dévorer la suite, qui poussera ledit classique dans ses petits retranchements. Et sans vouloir me répéter, il y a aussi ce monde fabuleux à la mythologie passionnante qui se dévoilera à nous au fil des tomes ainsi que tout ces personnages attachants.
Si Ged porte ce 1er tome, d’autres viendront partager leur histoire dans les suivants, complétant ce foisonnant puzzle à la fois dans le temps et dans l’espace. Ged refera des apparitions mais plus en soutien et comme fil conducteur qu’autre chose.

Chronologiquement parlant, les tomes 1-3 et 6 se suivent. Le tome 4 se déroule en même temps que le 3 et le tome 5 est un recueil dont les histoires se déroulent avant le tome 1 et qui expliquent certaines parties du lore et c’est juste passionnant !

Enfin, j’aimerai abordé un point qui me tient à coeur. Là où Le Sorcier de Terremer est très masculin-centré (mais elle met en avant des personnages de couleurs, ce qui est déjà énorme pour l’époque et ce malgré le whitewashing des couvertures et des adaptations au petit et grand écran), Le Guin nous offre dans les suivants une très belle représentation de personnages féminins variés, complexes et intéressants. Je pense très fort à Tehanu qui est mon tome préféré et dont l’héroïne est une femme d’une cinquantaine d’années. Cela change pour le mieux et ça fait bien plaisir. Elle ira plus loin dans les suivants, bousculant quelques dogmes au passage. Donc, question ouverture d’esprit et représentation, je trouve que le Cycle de Terremer se pose.

Vous l’aurez compris, cette intégrale est un véritable coup de coeur et j’ai hâte de lire le reste de l’oeuvre de cette immense dame que j’aurai aimé découvrir beaucoup plus tôt. Peut-être pas pour la harceler mais juste pour la remercier.

Plus à l’ouest que l’ouest,
Par-delà les terres,
Mon peuple danse
Dans l’autre vent.

7 réflexions au sujet de “Le Cycle de Terremer”


  1. Toute son œuvre est dans cette même veine de montrer des choses différentes, de bousculer les habitudes, le tout de manière poétique. Tu attaques l'Ekumen dans combien de temps ? =P
    Et Tehanu : double ❤

    Aimé par 1 personne

    1. Oooh oui Tehanu !! ❤️❤️❤️😄
      Je ne vais pas tarder à attaquer « La main gauche de la nuit ». On me l’a prêté en VO, ça sera l’occasion de la découvrir dans sa langue 😁. Terremer a tellement mis la barre super haut que j’ai un peur quand même 😅.

      J'aime

  2. J’ai lu les 3 premières histoires (il me semble, ce qui correspond à un livre sortie chez livre de poche mais pas cette intégrale) et j’avais beaucoup aimé. Le Guin, c’est le prochain auteur classique auquel je m’attaque et sera la première d’une longue (j’espère) liste d’autrices classiques trop souvent oubliées et en tout cas moins mises en avant que leurs homologues masculins.
    Beau billet, on sent que tu as apprécié ta lecture !!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ! 😄 Je n’arrive pas à croire que je ne lise Le Guin que maintenant. Donc je pense qu’en effet, il doit y avoir encore pas mal d’autrices de talent à découvrir.

      Aimé par 1 personne

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