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[Roman Graphique] The Low, Low Woods

Scénariste : Carmen Maria Machado + Dessinatrice : Dani
Coloriste : Tamra Bonvillain + Lettreur : Steve Wands
ed. Hill House Comics
Roman Graphique | VO | 160 pages

4è de couv

From New York Times bestselling author Carmen Maria Machado (Her Body And Other Parties, In The Dream House) comes a story so horrifying you won’t dare to forget!

There’s something in the woods…

Shudder-to-Think, Pennsylvania, has been on fire for years. The woods are full of rabbits with human eyes, a deer woman who stalks hungry girls, and swaths of skinless men. And the people of Shudder-to-Think? Well, they’re not doing so well either.

When El and Octavia wake up in a movie theater with no memory of the last few hours of their lives, the two teenage dirtbags embark on a horrifying journey to uncover the truth about the strange town that they call home.


Mon avis

À force de lire des comics, j’essaie de faire attention aux noms sur la couv’. Là, j’avoue que ça n’a pas du tout été le cas. Il m’a fallu attendre les interviews de fin pour réaliser qui était la scénariste 😅. L’expérience absolument dingue que je venais de vivre a, alors, pris encore plus de sens. Carmen Maria Machado est l’autrice derrière Dans la maison rêvée et Son corps et autres célébrations. Je n’ai pas lu le 1er, mais le second oui et je retrouve dans ce comics la puissante voix féministe et queer de l’autrice qui, ici, dénonce la violence faite aux femmes de tout temps.

Années 90, Pennsylvanie, dans une petite ville minière sur le déclin. El et Octavia, deux adolescentes et meilleures amies, se réveillent seules dans une salle de cinéma vide, sans aucun souvenir du film qu’elles sont censées avoir regardé. El voudra absolument découvrir ce qui s’est passé. Octavia voudra oublier qu’elle a oublié.
C’est qu’à l’échelle des bizarreries qui se déroulent à Shudder-to-Think (« j’en frémis rien que d’y penser »), leur perte de mémoire ne détonne pas. Il y a des années, un mal s’est emparé des femmes de la ville et un feu inexplicable s’est déclaré au fin fond de la mine, la rendant inexploitable. D’énormes failles sont alors apparues accompagnées de créatures monstrueuses : des hommes écorchés, des lièvres aux yeux humains ou encore cette femme/biche qui s’attaque à tout ce qui bouge dans les bois.
Les gens, bizarrement, font avec. Beaucoup sont partis et une poignée s’accroche. Les parents des filles en font partie.

On va donc suivre nos deux amies et découvrir leur quotidien à la fois bizarre et banal : leurs parents, leurs amours, faire attention aux hommes écorchés, quelles universités choisir, éviter les failles, les fêtes, aller demander de l’aide à la sorcière du coin, etc. Tout en découvrant le passé de Shudder-to-Think et l’horrible vérité.

L’autrice nous offre deux portraits de jeunes femmes très différentes, réalistes et attachantes. Leur amitié est géniale à lire et m’a beaucoup aidé à assimiler les messages difficiles de l’autrice. On comprend assez vite ce qu’il s’est passé, mais ce n’est pas grave, bien au contraire. Cela permet à Carmen M. Machado, à travers plusieurs métaphores, de revendiquer notre droit inaliénable sur notre corps et nos choix. Elle dénonce le travail de sape de toute une société sur le corps des femmes, mais aussi leur mémoire (dans tous les sens du terme).

J’ai beaucoup aimé ce regard plein de justesse sur les femmes, ce que l’on peut penser de nous-mêmes, l’une de l’autre, nos désirs, nos forces et nos vulnérabilités. L’autrice est sans jugement et ça fait du bien.

L’usage de l’horreur ne se fait pas à grand coup de viscères sanguinolents sur toutes les pages, mais insidieusement, dans les regards et les non-dits, dans cette normalité bizarre et assourdissante où nous, lectrices/lecteurs, on voit bien qu’il y a problème. Le trait particulier de Dani et les couleurs de Tamra Bonvillain expriment très bien ce sentiment d’étrangeté et de hurlement étouffé.

J’aurais aimé ne pas vous en dévoiler autant. Mais j’ai peur que pas mal de monde ne passe à côté en se disant « oh un énième truc horrifique à la Twin Peaks« . C’est un peu plus profond que ça. Si le féminisme, le queer, le sentiment de sororité et la reprise de son pouvoir personnel sont des thèmes qui vous parlent, je pense que ce oneshot vous plaira. En attendant, j’espère vraiment que ce titre sera traduit.

7 réflexions au sujet de “[Roman Graphique] The Low, Low Woods”

  1. Carmen Maria Machado. CARMENT MARIA MACHADO. J’ai pas lu le reste -> wish
    (bon en vrai si un peu , ça a l’air très cool -> wish)
    Même pas besoin d’attendre une hypothétique sortie FR, je gère bien les bd’s en anglais. Parfait -> wish.
    C’est bien un one shot ?

    Aimé par 1 personne

  2. « Octavia voudra oublier qu’elle a oublié » : 🤯
    Le visuel (pour une fois sur un comic 😅) et les thèmes me donnent plutôt envie, mais le côté horrifique/angoissant par contre… Tant mieux, je ne serai pas déçu si ça n’est pas traduit (mais je vais quand même le souhaiter pour les autres lecteurices). #AlwaysLookAtTheBrightSideOfLife

    Aimé par 1 personne

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