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The Past is Red

de Catherynne M. Valente | St Martin’s Press | 160 pages | SF | VO

4è de couv

The future is blue. Endless blue…except for a few small places that float across the hot, drowned world left behind by long-gone fossil fuel-guzzlers. One of those patches is a magical place called Garbagetown.

Tetley Abednego is the most beloved girl in Garbagetown, but she’s the only one who knows it. She’s the only one who knows a lot of things: that Garbagetown is the most wonderful place in the world, that it’s full of hope, that you can love someone and 66% hate them all at the same time.

But Earth is a terrible mess, hope is a fragile thing, and a lot of people are very angry with her. Then Tetley discovers a new friend, a terrible secret, and more to her world than she ever expected.


Mon avis

Je vais encore vous parler d’un bouquin qui ne sera sûrement jamais traduit et je m’en excuse par avance.

The Past is Red est composé d’une nouvelle, The Future is blue, et de sa suite, The Past is Red. The Future is Blue a été publiée originellement en 2016 dans l’anthologie Drowned Worlds, puis dans un recueil éponyme en 2018. Sa suite se déroule dix ans plus tard et approfondit le personnage principal, son histoire ainsi que celle de l’humanité.

« Seems like someone should have thought of a rule that goes Do Not Fuck Your Only Planet to Death Under Any Circumstances. Seems like that should have been Rule Number One.”

Les eaux ont fini par monter et tout recouvrir. De l’Ancien Monde, il ne reste que des îlots de déchets comme Garbagetown où vit Tetley. Tetley, comme la marque de thé, portée par un optimisme sans failles et qui, pourtant, a fait quelque chose de tellement horrible que tout Garbagetown la hait.

If the whole Fuckwit culture was a bird, it would be a seagull. Ravenous, stupid, vicious, not a single shit given, nice feathers.

Il y a plusieurs choses que j’adore dans cette novella. Tout d’abord, ce monde post-apocalyptique truffé de bonnes idées et de clins d’oeil acides à notre Pop Culture (oui, je sais, les univers, c’est mon petit kiff). Le monde est sous les eaux depuis un bon bout de temps façon Waterworld (assez pour oublier les us et coutumes de l’Ancien Monde, mais pas tout le mal qui en a suivi). Les survivants se sont regroupés en îlots flottants constitués des monceaux d’ordures laissés par les Fuckwits (nous 😅) et nommés selon le type d’ordures dont ils sont composés (Candle Hole, Scrapmetal Abbey, Pill Hill, Toyside, Teagate, etc.). Et à part un bateau de passage qui prêche l’illusion d’une terre promise, c’est à peu près tout.

« When it’s gone, it’s gone. None left for anyone.”
“Eventually. But not soon.”
“That’s what the Fuckwits put on their graves, you know.”

C’est là que naît Tetley et son frère jumeau. Tetley qui, bien avant d’avoir trouvé son nom et sa renommée funeste, est déjà rejetée par ses parents pour son intelligence un peu trop dérangeante. Pourtant Tetley aime Garbagetown, ses parents, son frère et sa vie telle qu’elle est. Et c’est pour cela qu’elle sauvera son petit bout de foyer flottant malgré la folie de ses habitants, quitte à devenir un punching-ball et une paria. Cette jeune héroïne est, après cet univers, la vraie force de cette histoire. J’adore la voix que l’autrice lui a donnée, sa joie de vivre, mais aussi son effrayante lucidité. Elle sait parfaitement dans quel type de monde elle évolue, mais choisit sa façon de le raconter et de le vivre.

C’est une lecture qui pourra déranger. Ce que vit réellement Tetley est très difficile et la critique de notre société de consommation est sans filtres. Mais le parti pris de l’humour et de cette fausse légèreté de notre héroïne dont on va voir l’évolution et les craquelures dans le discours rend le tout excellent. Et c’est sans parler de l’ingéniosité et l’imagination débordante qui ont façonné ce monde. Je recommande chaudement et j’espère (sans trop y croire) que ce texte soit traduit un jour. 😊

The oceans can erase our cities, but they cannot drown our existential malaise. That shit’s waterproof.

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