Adulte, Lectures, Science-Fiction

La nuit du faune

de Romain LUCAZEAU | ed. Albin Michel Imaginaire | 256 pages

4è de couv’

Au sommet d’une montagne vit une petite fille nommée Astrée, ayant pour seule compagnie de vieilles machines silencieuses. Un après-midi, elle est dérangée par l’apparition inopinée d’un faune, en quête de gloire et de savoir. Mais sous son apparence d’enfant, Astrée est en réalité une très ancienne créature, dernière représentante d’un peuple disparu, aux pouvoirs considérables.
Le faune veut appréhender le destin qui attend sa race primitive. Astrée, pour sa part, est consumée d’un mortel ennui, face à un cosmos que sa science a privé de toute profondeur et de toute poésie.
À la nuit tombée, tous deux entreprennent un voyage intersidéral, du Système solaire jusqu’au trou noir central de la Voie Lactée, et plus loin encore, à la rencontre de civilisations et de formes de vies inimaginables.


Mon avis

Je savais que j’aurais affaire à de la SF malgré un début à la douce saveur de conte, mais je ne savais pas à quel point 😅. Une petite fille, un faune, une traversée du cosmos le temps d’une nuit. Cela a tout d’une jolie fable philosophique et c’est là que c’est un tantinet trompeur.

Quelque part sur Terre (trèèèèès loin dans le futur), nous avons Astrée, un être très ancien ayant choisi de vivre sous l’apparence d’une petite fille, coupée du monde dans sa bulle en haut d’une montagne. Et puis on a Polémas, le faune, représentant de la dernière espèce évoluée de notre bonne vieille planète. Il a bravé maints dangers pour atteindre le sommet de cette montagne et il aimerait bien avoir des réponses à toutes ses grandes questions. Astrée décide donc, le temps d’une nuit, de lui montrer ce que sont devenues les grandes civilisations parties à l’assaut des étoiles ainsi que toutes les merveilles et dangers que renferme l’univers.

La ballade promettait d’être absolument magnifique et elle était par certains côtés. Et laborieuse par d’autres.

Avant toutes chose, j’admets volontiers que je n’ai pas l’érudition nécessaire pour saisir toutes les références de ce livre (et si j’en crois certains articles, il y en a un paquet). Je ne m’en suis pas formalisée. Je n’étais pas armée non plus pour appréhender Ted Chiang ou Ada Palmer, ça ne m’a pas empêché d’adorer. Il existe ce que l’on appelle la curiosité et les niveaux de lecture, et cela fonctionne plutôt bien pour moi en général. 😄

Cependant, un des principaux problèmes que j’ai rencontré, pour ne pas dire LE problème, c’est que je n’ai malheureusement pas aimé à la plume de l’auteur. à partir de là, c’était plutôt compliqué de me laisser transporter par la beauté du cosmos et toute sa poésie. Si vous ajoutez à ça, des passages de Hard-SF lourds et ennuyeux (pour moi), et de plus en plus présents au fur et à mesure de la lecture… vous me perdez. Je n’ai plus rien à quoi m’accrocher. Et je ne peux même pas me tourner du côté de l’intrigue qui, par essence, n’est qu’une succession de rencontres prétextes à des réflexions philosophiques. Ces dernières sont d’ailleurs très intéressantes, mais la plupart du temps alourdies par un discours, à mes yeux, inutilement alambiqué. En bref, vous avez là le coeur de mon problème avec ce livre. Si j’avais plus adhéré à la plume de l’auteur, je pense que ça se serait mieux passé côté Hard-SF (même si je sais que j’aurai quand même galéré 😆) et je le dis pour toutes les personnes qui, comme moi, ne se sentent pas particulièrement légitimes ou d’un niveau suffisant. De mon point de vue, c’est ok de ne pas tout comprendre tant qu’on apprécie la ballade 😊.

Mais même si j’ai décroché par moment (les derniers 30% ont été les plus durs 😅), je ressors de ma lecture avec pas mal de grains à moudre et de belles images en tête. Le sense of wonder est là même si je n’ai pas su pleinement l’apprécier. En fait, je me sentais souvent comme Polémas : totalement dépassée et avec qu’une seule envie, retourner où j’ai pied 😂.

Donc, mon conseil ? Ne soyez pas trop hypé (ni effrayé) par toutes les critiques dithyrambiques et l’aspect conte. C’est un texte très riche et exigeant qui, selon le lecteur, pourra être aussi frustrant qu’enthousiasmant.

« Nul, souffla le Prophète avec un sourire, n’est plus malaisé à convaincre que celui qui désirerait croire, mais dont l’espoir a été blessé.  »


D’autres avis :

14 réflexions au sujet de “La nuit du faune”

  1. « En fait, je me sentais souvent comme Polémas : totalement dépassée et avec qu’une seule envie, retourner où j’ai pied » tout pareil pour moi, à chaque fois que Polémas parle dans la dernière partie je me suis dit que je pensais pareil que lui 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Avec tout le courage qui me caractérise, je vais rester sur la berge et éviter la noyade programmée. Rien que le résumé m’a perdue.
    Je ne pense pas que ce soit mon style de toute manière, la SF et moi c’est compliqué.
    Cependant, ça ne m’empêche pas d’apprécier lire les retours très différents des uns et des autres; qu’on l’aime ou pas, ce roman intrigue, par sa singularité, ses thématiques, et sa plume. Je pressens qu’il fera date ce beau livre !

    J'aime

  3. Comme toi, je suis restée aussi perdue que Polémas et j’aurai adoré apprécier le style pour profiter tout de même de la ballade. Pourtant ça démarrait bien.
    Bon, je suis arrivée jusqu’à au bout. C’est déjà pas mal.

    Aimé par 1 personne

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