Adulte, Fantasy, Lectures, Les Moutons Electriques

Le Sentiment du Fer

de Jean-Philippe Jaworski | ed. Moutons Electriques | Recueil | Fantasy | 206 pages

Retour au vieux royaume !
« J’ai quand même un ragot à vous servir, et du lourd ! Figurez-vous que ce n’est point avec moi que les elfes ont commencé à grenouiller dans les affaires de l’Etat. Bien loin de là ! Il y a deux bons siècles, déjà, au moment de l’Emancipation de Ciudalia, ils nous ont joué un tour à leur façon. Et les marles en tâtent tellement pour la barabille que l’un d’entre eux, sans même pointer son joli minois dans notre belle cité, nous a tous jetés dans une sacrée flanche ! Jugez-en par vous-même. ».

En cinq nouvelles comme autant d’étapes dans l’histoire cruelle et tumultueuse du Vieux Royaume, le monde crée par Jean-Philippe Jaworski dans Janua Vera et Gagner la guerre déja des classiques de la fantasy.

Cela fait un moment que j’entends parler de J-P Jaworski que se soit dans ma famille, mes amis, mes anciens collègues, de parfaits inconnus dans le métro dont j’espionnais la conversation, mais je digresse ! Bref, on m’en parlait en bien, voire en très bien. Allez savoir pourquoi (une histoire de moutons peut-être ?), je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de m’engager sur son cycle à rallonge des Rois du Monde. Alors qu’un recueil, ça ne mange pas de pain et ça se lit très bien !

À la lecture de ces 5 nouvelles, je comprends mieux l’engouement autour de cet auteur. Il a une très belle plume qu’il sait parfaitement manier. Ses textes sont recherchés, chaque phrase écrite avec une maniaquerie d’horloger suisse. C’est très beau, c’est documenté et ça sonne bien. J’avoue que lire des dialogues en rimes est assez jouissif. Mais c’est un plaisir dont je n’abuserai pas. Toute ces envolées lyriques, ces adjectifs à foison, ces descriptions touffues font un repas beaucoup trop riche pour moi. La première bouchée surprend, les deux suivantes sont absolument délicieuses, mais très vite je me suis retrouvée à saturation. Donc, je pense continuer à goûter aux écrits de ce monsieur via ses nouvelles, s’il nous fait le plaisir d’en écrire d’autres bien sûr (j’aurai toujours Janua Vera à me mettre sous la dent en attendant).

Parlons-en de ces nouvelles. Elles se déroulent toutes dans le Vieux Royaume, un univers médiéval imaginaire avec un goût de renaissance italienne et/ou de République romaine… je ne sais pas trop en fait ( le même que Gagner la guerre et Janua Vera, de ce que j’ai compris).

Dans la première, Le sentiment de fer, on suit un assassin engagé pour s’introduire dans un palais afin d’en subtiliser un objet plutôt inhabituel. J’ai sincèrement eu le sentiment de regarder une partie d’Assassin’s Creed. Cette sensation était suffisamment drôle et l’histoire était tellement décalée de mes lectures habituelles que cela a suffi à me garder jusqu’à la fin.

L’Elfe et les Égorgeurs et Profanation par contre, j’ai de suite adoré. La première raconte la mauvaise rencontre entre un jeune troubadour elfe et des pilleurs dans ce qui reste d’un champ de bataille. Dans la deuxième que j’ai particulièrement appréciée, on suit le procès d’un « chiffonnier » accusé de dépouiller les morts. La mauvaise foi du personnage était un pur plaisir à lire.

Et puis il y a Désolation, cet hommage de Jaworski à Tolkien où l’on suit une troupe de nains à travers le domaine d’un dragon endormi. J’avais lu les mises en garde de l’Ours Inculte avec lequel je suis souvent d’accord… mais pas cette fois-ci (désolée ours ;), coeur sur toi). J’ai énormément aimé cette nouvelle : les décors grandioses, l’ombre du dragon qui plane tout le long du récit, les personnages et cette fin… Au point de me faire la réflexion que le Seigneur des Anneaux à la sauce Jaworski, ça me plairait beaucoup.

Je passerai sur la dernière nouvelle, La Troisième Hypostase, qui ne m’a pas du tout touché. Je la relirai peut-être dans un autre contexte, à tête reposée.

Je ressors donc de ce recueil et de cette première expérience « Jaworski » conquise par la plume de l’auteur. Comme je l’ai dit, je n’irai pas du côté des Rois du Monde mais un Janua Vera ou même, soyons folle, un Gagner la guerre pourquoi pas ! (… ils sont dispo en poche ces deux-là?)


Lettre J du challenge ABC – check!


ONS EN PARLENT MIEUX QUE MOI

4 réflexions au sujet de “Le Sentiment du Fer”

  1. Je l’ai justement lu il y a peu. J’ai été un peu plus convaincu que toi sur « Le Sentiment du fer », moins sur « Désolation », mais sinon on est sur la même longueur d’onde. ^^
    Ça reste pour moi – sous réserve que mes souvenirs n’aient pas été enjolivés avec le temps – bien plus faible que « Janua Vera » et « Gagner la guerre ». Je dis bien sûr ça totalement innocemment. O=)

    Aimé par 1 personne

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