Adulte, Fantasy, Lectures, Oneshots

The Border Keeper

de Kerstin Hall | ed. Tor | Novella | Fantasy | 238 pages | VO

She lived where the railway tracks met the saltpan, on the Ahri side of the shadowline. In the old days, when people still talked about her, she was known as the end-of-the-line woman.

Vasethe, a man with a troubled past, comes to seek a favor from a woman who is not what she seems, and must enter the nine hundred and ninety-nine realms of Mkalis, the world of spirits, where gods and demons wage endless war.

The Border Keeper spins wonders both epic—the Byzantine bureaucracy of hundreds of demon realms, impossible oceans, hidden fortresses—and devastatingly personal—a spear flung straight, the profound terror and power of motherhood. What Vasethe discovers in Mkalis threatens to bring his own secrets into light and throw both worlds into chaos.

The Border Keeper est le premier roman court de Kerstin Hall, une jeune sud-africaine très sympathique et accessible ce qui ne gâche rien. Et pour une première publication, elle met la barre très haut ! J’ai vécu avec cette novella un immense coup de coeur du niveau d’Ada Palmer. Voilà, je donne le ton de cet article (#Kerstinrules).

Au bout d’une ligne ferroviaire abandonnée, dans un désert salé battu par les vents et écrasé sous un soleil de plomb, se tient la dernière station. À la frontière entre le monde des vivants (Ahri) et celui des morts (Mkalis), c’est là que vit la Gardienne, une psychopompe, une sorcière, bref, un être très puissant veillant au bon équilibre entre les mondes. On vient la voir de très loin pour traverser le voile tel un Orphée en quête de son Eurydice. Enfin, on venait. Cela fait bien des centaines d’années qu’elle n’a vu âme qui vive. Et puis arrive Vasethe, un homme à la mémoire trouble souhaitant passer de l’autre côté. Une mission somme toute banale pour notre Gardienne qui pourtant réveillera de douloureux souvenirs et se révèlera bien plus complexe et dangereuse que prévu.

Quand on a un niveau d’anglais comme le mien, il est difficile d’apprécier réellement le style d’un auteur. Je vais comprendre le sens de la phrase, sentir sa fluidité, son rythme, mais toute sa poésie, son essence a de grandes chances de me passer à des kilomètres au-dessus ( par manque de vocabulaire, de références culturelles, etc.). D’où ma surprise, quand, dès les premières phrases de cette novella, j’ai vraiment senti le style de Kerstin Hall. Elle m’a happé dans ce désert salé à la lisière des Enfers. Je me suis surprise à relire plusieurs fois ses phrases juste pour les faire rouler sous ma langue et en apprécier toute la saveur. Il faut bien dire que l’autrice a un pouvoir évocateur assez phénoménal et ses dialogues relevés de quelques pointes d’humour font mouche.

Elle nous emporte dans un monde fantastique, unique en son genre, où la force des visuels me donne envie que Denis Villeneuve l’adapte sur grand écran. Les différents royaumes que nos deux protagonistes vont traverser sont baroques, démesurés, reliés les uns aux autres par des jeux optiques organiques (oui, je sais, ça n’a aucun sens, mais mon cerveau s’est chopé un lumbago ok!). Et je ne parle pas des personnages tous aussi intéressants et bien écrits. On ne tombe jamais dans la caricature. Oui, la Gardienne est badass mais elle montrera tout du long son humanité et ses failles. Vasethe est au premier abord un homme simple à la motivation évidente, mais qui révèlera de multiples talents et des motivations cachées. Et il en sera de même pour tous les autres personnages : les dirigeants des divers royaumes, les habitants de ces royaumes (un enfant prisonnier dans un crabe qui leur servira de guide, une meute de créatures musiciens qui ensorcellent telles des sirènes, etc.), des créatures (on parle des chocobos ?!), etc.

Son style est à la fois lumineux et sombre, pour ne pas dire franchement glauque, mais ne tombe jamais dans les travers de l’un ou de l’autre. Son univers est très étrange, malaisant dirons certains. Le personnage de l’enfant prisonnier dans un crabe géant parce qu’il aurait enfreint une des sacro-saintes règles d’un des royaumes en est un parfait exemple. Personnellement, j’adore ce type d’écriture et d’univers, mais je sais que ça ne plaira pas à tout le monde et c’est fort d’hommage parce que j’aimerai beaucoup la voir traduite en français cette talentueuse demoiselle.

Mon seul reproche, c’est le sentiment d’une précipitation vers la fin pour tout dénouer avant le grand final. Et aussi un sentiment de pas assez… mais n’est-ce pas plutôt de la gourmandise de ma part ? Hum… Non ! J’en veux plus de cet univers, 238 pages, ce n’est vraiment pas assez :). Mais, heureusement, Kerstin Hall sortira Star Eater, un nouveau roman, en 2021 et je suis impatiente !


Lettre H du challenge ABC – check!


ONS EN PARLENT MIEUX QUE MOI

2 réflexions au sujet de “The Border Keeper”

    1. Ah mais non ! *fait des gestes de Jedi* Tu adores, tu veux lancer une pétition, tu lances une pétition :D. En vrai, oui il y a des éléments horrifiques (c’est une descente aux Enfers quand même ^^’) mais j’ai trouvé ça plutôt bien dosé. Ce n’est pas à toutes les pages ^^. Reviens Baroona !

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